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Ce qui caractérise la pastorale du Tourisme, c’est notre attention à offrir de percevoir les symboles chrétiens, les messages pastoraux, qui à chaque époque, en chaque lieu, au-delà des circonstances historiques entourant la réalisation des monuments ce qui n’est pas à négliger, apportent une explication à tel ou tel aspect de notre église ou chapelle ; permet de saisir les enjeux du choix de tel ou tel sujet dans les tableaux ; donne la clé de compréhension de la cohérence entre les décors sur tel ostensoir et sa fonction liturgique…

Session de formation organisée par la PRTL du Diocèse de Montpellier
15 novembre 2014 Saint Thibéry

L’ACCUEIL DANS NOS ÉGLISES

E- SURVOL ARCHITECTURE ET SYMBOLES

ROMAN

Principes constructifs (rapidement)

Les premiers sanctuaires liés au monachisme : de petites tailles, dans des monastères , donc pour des moines. La voûte du chœur – cul de four- pour exprimer la permanence, l’éternité du ciel (la voûte est durable, pas sujette aux incendies suite à la foudre…)

Le symbole basilical demeure, mais se superpose un autre lié au Christ Lumière du Monde

Le sépulcre et la Résurrection chaque matin (nous parlerons plus longuement demain matin de l’orientation)

L’ombre chez St Bernard

L’IMAGE DE L’OMBRE, SELON SAINT BERNARD

Elle est d’abord l’ombre de l’esprit qui couvre Marie à l’Incarnation.
Mais selon une interprétation originale de Saint Bernard, cette même ombre est aussi l’humanité de Jésus.
Elle comporte deux aspects :
     elle est le lieu de la présence divine et personnelle du Verbe,
    elle est protectrice car elle tamise l’éclat divin, impossible à supporter pour     une simple créature, fut-elle toute pure comme Marie.
L’ombre est donc le lieu de la présence de Dieu adaptée à nous…
Bernard dira que l’ombre c’est la Foi.
Nous trouvons là une clé d’interprétation pour l’architecture cistercienne, comme art de l’Incarnation et non pas, comme il pourrait sembler au premier abord, dépouillement exprimant l’inaccessibilité de Dieu.
Tout au contraire, la présence du Dieu proche y est sans cesse suggérée, par le jeu de l’ombre et de la lumière qui correspond si bien à celui de la présence et de l’absence dans le dialogue d’Amour de l’Époux et de l’Épouse du Cantique.
Au Sermon 56 sur le Cantique (n° 1) Saint Bernard parle de l’Époux qui s’approche derrière le mur, et cette approche c’est l’Incarnation.
L’Épouse perçoit sa présence, il s’infiltre à travers les fissures du mur, les fenêtres et les grillages qui sont les sens charnels et les affections humaines au moyen des quelles il fait l’expérience de notre humanité.
Comment ne pas penser aux fenêtres, qui percent les murs des abbatiales cisterciennes ?

(Frère JOËL, de CÎTEAUX) .

Peu à peu les paroisses se créent hors des monastères, appelant des églises plus grandes et plus éclairées.

En même temps se développent les sanctuaires de pèlerinage qui appellent les trois nefs avec déambulatoire pour la circulation.

On va vers des prouesses techniques qui vont s’épanouir au Gothique

GOTHIQUE

Principes constructifs (rapidement)

Disparition du mur, développement des verrières

Textes de SUGER
Suger, le fameux constructeur de la Basilique Saint Denis, au début du XIIIe siècle, marque clairement son opposition à la rigueur cistercienne.

Voici ce qu’il écrit pour expliquer ce qu’il a recherché dans cette nouvelle architecture, l’ « Art Français » :

        Ce qui se trouve caché là,
        la porte d’or te l’explique.
    
        C’est par les réalités matérielles
        que l’esprit avili par le péché,
        vers la Vérité s’élève.
    
        Et c’est par la vue de cette lumière que,
        de son avilissement antérieur,
        il se relève.

La JÉRUSALEM CÉLESTE (lecture du texte de l’Apocalypse),

RENAISSANCE et CLASSIQUE,

Retour à l’antique, lié aux mises à jour des ruines romaines.
Ouverture à la lecture des auteurs anciens, aux mythologies (par exemple les SIBILLES).
C’est la culture « humaniste » qui prend le dessus sur les références Chrétiennes
Superposition des Ordres

BAROQUE  (nos autels et chœurs du XVIII e siècle).

« À TOI LE REGNE LA PUISSANCE ET LA GLOIRE »

Pour la plupart d’entre vous, ce genre de cadre grandiloquent du « grand siècle » ne déclanche pas une admiration particulière, vous préférez la spiritualité qui émane de l’austérité Romane, ou l’élancement éblouissant du Gothique.

ORIGINE LOINTAINE DU MODELE

Il faut remonter à Moïse
Dans (Exode 25) Yahvé donne ses instructions à Moïse pour la réalisation du sanctuaire
    « Afin que j’habite au milieu d’eux… C’est là que je viendrai à ta     rencontre… »
D’où le nom de la Tente de la Rencontre.

Ensuite Yahvé précise comment doit être le Saint des Saints
    
    Pour le rideau… tu le fixeras à quatre colonnes d’acacia recouvertes     d’or qui porteront des crochets en or et posées sur quatre bases d’argent.     Tu attacheras le rideau aux agrafes d’or et, derrière le rideau, tu placeras     l’Arche du Témoignage. Le rideau servira de séparation entre le Saint et     le Saint des Saints.

Nous n’avons pas de dessins de la transposition de ces prescriptions dans le Temple de Jérusalem, mais les Evangiles parlent du grand rideau qui se déchira quand le Christ rendit l’âme sur la Croix.

Par rapport à notre sujet, je vous demande de retenir les colonnes, le rideau et les chérubins
C’est le modèle initial du baldaquin

VERS LE BALDAQUIN BAROQUE  

Dans l’étape suivante, nous retrouvons Constantin.
Le reliquaire de POLA, en ivoire rehaussé d’argent doré, représente le ciborium offert par Constantin pour surmonter la “confession” de Pierre. Il était entouré de six colonnes torsadées ornées de rinceaux de vigne, véritables prototypes de celles du baldaquin du Bernin.
Au-dessus de la scène qui montre l’empereur et sa mère sainte Hélène vénérant les précieuses reliques, la sculpture imite la mosaïque de l’abside de la basilique.
La tradition voulait que l’une des colonnes du Temple de Jérusalem, apportées à Rome par Titus, ait servi de modèle à celles de la “confession”.
On conserve cette relique dans le bas-côté du nouveau St-Pierre et celles du ciborium primitif ont été remployées dans les loggias des piliers qui soutiennent la coupole.
Un dessin sur un reliquaire (POLA) a permis de reconstituer comment sous Constantin, était organisé au fond de l’abside de la première basilique de Saint Pierre, la présentation du Ciborium :
Il était entouré de quatre colonnes de bronze, torsadées, ornées de rinceaux de vigne.
Selon la tradition, c’est l’une des colonnes du Temple de Jérusalem qui aurait servi de modèle. Elle aurait été rapportée par Titus (voir l’Arc de Triomphe de Titus à Rome).
La forme du baldaquin Chrétien est en train de naître
L’aménagement constantinien de la « Confession » des reliques de Pierre constituait le véritable prototype du baldaquin.

Il a inspiré Le Bernin (1657) pour dessiner l’immense baldaquin dans la basilique Saint Pierre, au centre de la croisée du transept, sous l’immense coupole de Michel-Ange.

    Baldaquin vient de Bagdad, car les rideaux étaient faits de soie, ces     tissus     précieux qui venaient de l’Orient par Bagdad.

Le style Classique va s’assouplir en évoluant vers le Baroque, sous l’influence grandissante des architectes italiens, comme Le Bernin par exemple. (Le prix de Rome a été créé en 1720).     

    Ces architectures princières sont « horizontales », symbole du Pouvoir     qui s’exerce vers l’étendue, les terres du domaine…
    Dans les réalisations religieuses, l’architecture va se tendre vers le haut,     affirmation symbolique de la verticalité, tension vers Dieu

En 1633 le baldaquin du Bernin, à Saint Pierre, est terminé.
Ce Baldaquin va devenir la référence pour un grand nombre     d’aménagements d’églises.
Nombreuses commandes de réaménagement des autels, dans la ligne des recommandations du Concile de Trente (1554-1563)
    La représentation du Christ et des saints est recommandée pour soutenir     la prière des fidèles.
    L’affirmation de la « présence réelle » et l’adoration du Saint Sacrement     appellent la mise en place au centre de l’autel du Tabernacle et d’un     emplacement pour l’ostensoir.
    L’enseignement de la Parole de Dieu sera faite par les Clercs, d’où les     chaires dans des nefs bien dégagées.

Le baldaquin du Bernin est situé sous la coupole à la croisée du transept. Il est carré, suivant les quatre branches de la croix du plan et ajouré pour ne pas fermer les perspectives,
Dans nos églises, l’autel majeur est dans le chœur.
Il s’offre au regard de tous les fidèles dans une seule direction.
Le modèle devra s’adapter aux diverses configurations des églises existantes.
Le baldaquin va s’ouvrir vers l’assemblée, jusqu’à se plaquer, contre la paroi du fond de l’abside.
 
    A Saint APHRODISE, il est ouvert en fer à cheval et laisse voir la     chapelle dans l’absidiole et son armoire dorée pleine de reliques.

    Dans certains cas il va devenir plat, comme à la cathédrale d’Agde, où il     prend plutôt la forme symbolique d’un grand arc triomphal.

À Saint Nazaire de Béziers une nouvelle évolution du modèle de baldaquin : il épouse la forme arrondie du mur de l’abside.

Nous voilà renvoyés à l’époque du Roi Soleil  et de Louis XV,
Mais aussi au Concile de TRENTE, une église triomphante.
Et, plus loin dans l’espace, à Saint Pierre de Rome.
Et, plus loin dans l’histoire, à Constantin.
Encore plus loin, au Temple de Jérusalem.
Et à l’affirmation de la Nouvelle Alliance

REALISATION, COMPOSITION ET SYMBOLES

Les clercs du XVIIe siècle avaient une ambition :
« Il faut faire pour Dieu au moins aussi beau que pour le Roi ».
Le contexte culturel était marqué par une représentation théâtralisée du monde.
Versailles est une mise en scène permanente du Roi Soleil…

Les églises nouvelles étaient pensées dans ce mouvement.
Les églises anciennes devaient être mises au goût du jour.

L’apothéose de cette théâtralité se manifestera par la solennité de la cérémonie dite des « Quarante heures », entre Vendredi Saint et Dimanche de Pâques, pour célébrer le temps passé par le Christ dans son tombeau.
Faisant suite au « mystère du sépulcre » du moyen âge, le XVIIe siècle en fit le « Triomphe de l’Eucharistie ».

A - Un vocabulaire classique.
B - Un respect scrupuleux de la symétrie.
C - Une intégration savamment articulée.
D - Une statuaire vivante, véritables acteurs de théâtre.
E - Une progression de la terre vers le ciel

 Aujourd’hui, nous sommes bien loin du Grand Siècle, de l’Art Baroque, du Concile de Trente…

Nous n’avons pas encore bien assimilé les nouvelles voies ouvertes par le Concile de Vatican II …

Ce Concile nous invite à ne plus être des spectateurs d’une religion théâtralisée, mais des acteurs d’évangélisation
    Ayant intériorisé Sa Royauté,
    Partageant la Puissance de Son Amour,
    Espérant rayonner de Sa Gloire.

CONTEMPORAIN : quelques exemples à PARIS

Joseph Bremond
Architecte
Intervenant pour la PRTL
 du Diocèse de Montpellier

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