Eglise saint Matthieu, Montpellier

| adresse: | 5, rue Germain, 34000 Montpellier, à côté de La Panacée. |
| coordonnées GPS: |
N43.612427°, E3.877939° |
| contact: | Couvent des Dominicains, tel. 06 39 87 26 40 |
| ouverture: | les vendredis de 14h à 18h |
| visites guidées: | mettre ici les informations concernant les visites; sinon effacer cette ligne |
| à savoir: http://www.lesruesdemontpellier.fr/noel_2007/noel_07.htm |
| Tram 1, arrêt Comédie, parking Comédie |
Présentation sommaire:
Cette église, qui est sans doute une des plus belles de Montpellier, servit d’abord de chapelle aux Dominicains qui avaient installé leur nouveau couvent à proximité, en 1611. Achevée en 1627, elle occupait l’emplacement d’une église détruite à deux reprises lors des guerres religieuses. Elle présente l’intérêt d’avoir conservé la plus grande partie de son mobilier du XVII ème siècle. La façade a été remaniée au XIXè siècle.
Elle n’est plus affectée au culte et n’est ouverte que pour des occasions exceptionnelles.
Style architectural:
Classique
Photos

Description générale:
Après la destruction de leur premier couvent, situé dans le quartier du Courreau, vers l’actuel Plan Cabanes, les Dominicains rouvrirent un couvent au cœur de la ville médiévale, à proximité d’une ancienne église, jadis rattachée à la paroisse Saint-Firmin. Cette église, qui venait d’être reconstruite après une première démolition, fut à nouveau détruite lors du siège de la ville par les armées du roi, en 1621. Le maître maçon, Laurent Bonnassier, fut chargé de la reconstruire en 1624. L’orientation fut modifiée de telle sorte que le maître-autel fût tourné vers le nord-ouest. Une tribune fut construite un peu plus tard au dessus du portail. Par la richesse de son décor, on voulut qu’elle témoignât des bienfaits du retour à la paix et à la prospérité. La réalisation d’un imposant rétable entourant le grand autel fut confiée au menuisier André Coula et au sculpteur Antoine Subreuille, en 1674. Ses colonnes torsadées et ses sculptures dorées rappellent le décor baroque des églises romaines.
Lors de la révolution, l’église Saint-Matthieu fut déclarée bien national et acquise par un membre de la famille de Bocaud, dont plusieurs membres y avaient été enterrés. En 1829, l’édifice ayant été mis à la disposition de la Ville, le portail actuel sur la rue Germain fut construit par l’architecte Joseph Boué dans un style classique on ne peut plus austère.
Mobilier :Les vitraux du XVII° siècle ont conservé leurs couleurs délicates : on remarquera en particulier, dans la seconde chapelle de droite, celui représentant Marie Jacobé et Marie Salomé debout à l’avant d’une barque et s’apprêtant à débarquer sur le rivage camarguais.
Les tableaux qui décorent les six chapelles et le chœur sont pour la plupart l’œuvre de peintres de la région. Certains représentent des saints de la famille dominicaine, comme Saint Hyacinthe de Pologne et Sainte Catherine de Sienne (à gauche dans le chœur) ou La Vierge offrant un portrait de Saint Dominique (à droite dans le chœur). Dans la 1ère chapelle de droite, une toile de Ranc père représentant Saint Jean de la Croix est complètée par une vue du couvent des Carmes peinte par Ranc fils. Un splendide Supplice de Saint-Sébatien orne la 2ème chapelle de droite, tandis que la 3ème montre Saint Dominique et Sainte Catherine de Sienne recevant le rosaire. On notera aussi, dans la même chapelle, une Assomption de la Vierge aux belles couleurs vives. Le tableau surplombant le grand autel était à l’origine l’évangéliste Jean recevant l’inspiration d’un ange: l’église étant consacrée à Mathieu, le visage du plus jeune des apôtres fut muni d’une longue barbe et l’allusion à Patmos disparut du paysage. Ce curieux tableau est attribué à Fraissines.
Bien que le lien entre cette église et l’ordre des Dominicains se soit distendu, après l’installation de leur couvent dans une autre partie de la ville, l’église Saint Matthieu garde la trace de leur rôle prépondérant dans l’histoire religieuse de Montpellier.
(source : Marie Susplugas, Montpellier secret et insolite, éditions Les Beaux Jours, 2010).