Eglise Saint Pierre aux Liens de Bessan

 

 

Saint Pierre

adresse:  Rue du Porche Saint Pierre, 34550 Bessan 
coordonnées GPS: 
N43.359923°, E3.426940°
contact: 04 67 77 00 75 

 

 

 

enluminure3Présentation sommaire: 

Église primitive du XIe siècle. Plusieurs restaurations jusqu’à nos jours. Église de plan allongé, avec une tour-clocher. Plafonds peints.

enluminure3Style architectural:

Base romane – XIe, XIIe, XIVe, XVe, XVIIe et XVIIIe siècles.

 enluminure3Photos

 

enluminure3Description générale:

L’église Saint –Pierre- aux- Liens a une nef de six travées, prolongée par une travée de chœur ; elles reçoivent toutes deux une série de chapelles latérales flanquées. L'édifice se termine par une abside polygonale à cinq pans. De fins contreforts épaulent le vaisseau central. La tour-clocher porte un campanile sur sa partie sommitale. L'intérieur présente, outre une tribune appuyée sur la seconde travée de nef, une charpente apparente sur arcs-diaphragmes ogivaux. L'abside, érigée entre la fin du XIe et le début du XIIe siècle est voûtée en cul-de-four. Abside. Le clocher semble avoir été construit tardivement, peut-être dans la seconde moitié du XIVe siècle, à la suite du saccage de Bessan par le gouverneur du Languedoc. Les chapelles des côtés ont été construites au fur et à mesure des besoins ou des envies. Celles du chœur datent de 1338 et de 1341. Les chapelles voisines sont de 1360 et de 1475. Les quatre autres chapelles, plus proches de l'entrée, sont de 1624, 1628, 1652 et 1662. Les XVIIe et XVIIIe siècles voient la construction de nouvelles chapelles latérales.

Un peu d’histoire :

L'église primitive, appelée Saint-Pierre-aux-Liens, existait déjà en 990,. Elle était en mauvais état lorsque, en 1070, elle fut donnée à Dieudonné, abbé de l'abbaye de Saint-Thibéry et aux moines bénédictins, par Béranger 1er, évêque d'Agde, pour qu’ils y effectuent des travaux. Vers 1100, l'évêque suivant donna l'église aux abbés de la Chaise-Dieu, qui commencèrent aussitôt la construction d’une nouvelle église par une abside à cinq pans avec colonnettes en demi- rond de style auvergnat. Les abbés de Saint-Thibéry, qui percevaient les dîmes de Bessan, en furent mécontents et, après un long procès de près de quarante ans, durant lequel le pape de passage dans la région serait venu à Bessan, ils réussirent à récupérer l'église en construction. Les divers litiges liés à la propriété de l'église furent, sans doute, cause du retard apporté à la construction et à l'achèvement de la grande nef, et de l'extrême économie de son appareil, de sa couverture et de sa décoration. Malgré son caractère encore roman, il est probable que ce bâtiment ne fut pas terminé avant le second quart du XIIIe siècle.
À l'origine de la construction, les ouvertures, de style roman, étaient étroites. Des fenêtres plus importantes furent ouvertes en 1764 dans la partie haute de la nef. Elles sont aujourd'hui mises en valeur par des vitraux de Louis Victor Gesta qui avait son atelier à Toulouse, entre 1850 et 1880.
Le portail d'entrée, à refends et fronton à boules, se trouvant sur le long-pan, fut remanié vers la fin du XVIIe ou au début du XVIIIe siècle. La pointe du clocher en brique, reconstruite en 1787, fut abîmée par la foudre en 1886. On envisagea de la détruire rapidement à cause du danger qu'elle représentait, mais cela ne fut fait qu'en 1938, après la chute d'une pièce de fer lors la tempête de 1936. On profita des travaux de mise en place de la flèche en fer actuelle pour reprendre les parements extérieurs à la base, démolir la salle renfermant l'horloge et installer sa cloche dans la pointe du clocher. Quelques baies à linteaux sur corbeaux et, à l'intérieur, les trompes d'angle, attestent toutefois son origine ancienne. Le beffroi en bois du clocher, supportant la cloche principale, en mauvais état, fut restauré en 2004 (partenariat entre la ville, l'État, la région et le département). Au début du XVIIIe siècle, le clocher possédait cinq cloches, dont il ne reste plus que deux : la cloche décadaire fondue en 1567 (et refondue pour son tricentenaire) et la cloche servant autrefois de timbre de l'horloge, fondue en 1388, connue pour être la plus vieille du département de l'Hérault. Les trois autres cloches furent descendues en 1791, envoyées au district de Béziers et transformées en canons.
En 1993, à l'occasion d'une nouvelle restauration de l'église, la voûte en brique de la nef, datant de 1760, fut démolie. Les travaux permirent alors de redécouvrir la charpente d'origine (du XIIe siècle ou, au plus tard, des premières années du XIIIe siècle), aux chevrons bariolés et aux poutres sculptées à leurs extrémités de têtes humaines, et peintes, mais aussi l'ouverture existant dans la voûte du chœur.
Les orgues de caractère romantique, construites par Baptiste Puge en 1879 dans son atelier de Toulouse, furent restaurées en 1986 et 1994.

Le bâtiment, qui a fait l’objet d’une inscription aux Monuments historiques le 21 mars 2017, recèle bien des richesses, outre l’extérieur de l'abside et grille de fenêtre en fer forgé de la deuxième chapelle Nord (objets d’un premier classement). Une des premières est la charpente peinte surplombant la nef, découverte. La deuxième est la base du clocher, dans la partie occidentale, une des parties les plus anciennes de l’édifice, datant du XIIe siècle, et présentant les caractéristiques de l’architecture romane. Sur la partie extérieure, on aperçoit des bandes lombardes qui se retrouvent à l’intérieur de l’édifice derrière l’orgue et sur lesquelles on perçoit des traces d’une arcature aveugle légèrement en surplomb avec des décors de têtes.

Dans les environs :

La Vierge de Notre-Dame des Vignes, financée par souscription publique, fut implantée au croisement des rues Victor-Hugo et des Anciennes-Écoles, en 1982, à la demande du curé Raymond Combes. Œuvre de Jacques et Suzanne Hartmann et d’Émile Boissier, elle fut inaugurée par l'évêque de Montpellier le 5 décembre 1982. Selon certains, elle protège Bessan des calamités agricoles qui ont quelquefois dévasté les villages voisins (grêle, gel).

La Croix de la Mission, à l'origine, implantée près de l'église, déplacée depuis 1785 à l'extrémité de la rue de la porte Saint-Pierre, a été posée à l'occasion d'une mission. (La mission était une période d'une durée de trois semaines à un mois durant laquelle venaient des prédicateurs, dans le but de recruter de nouveaux paroissiens. Le socle en basalte pourrait dater de l'époque de Louis XIV, mais la croix en fer forgé et le saint Christ sont moins anciens. Le coq qui servait de girouette au sommet de la croix au XIXe siècle a été volé en avril 1999.
SOURCES : Ville de Bessan- Monuments et lieux touristiques. Observatoire du patrimoine religieux. Base Mérimée. Photos Monumentum -