Eglise Sainte Marie de Douch (Rosis)

| adresse: | Cimetière de Douch, 34610, Rosis |
| coordonnées GPS: |
N43.614388°, E2.978814° |
Présentation sommaire:
L'église de Douch, dédiée à Notre-Dame dès le Xe siècle, se trouve dans un écrin de verdure que domine le Caroux à 840 mètres d'altitude. Le clocher-porche roman fut érigé au XIIe siècle et le chevet fut remplacé par un chœur et une abside semi-circulaire. Les deux chapelles latérales furent ajoutées au XVIIe siècle et la nef à trois travées fut voûtée en plein cintre. Le presbytère est attenant, en retour d’équerre, et l’on peut voir alentour les ruines d’autres édifices.
Style architectural:
Roman X -XIIe siècles. Nef du XVIIe siècle, abside du XVIIe siècle autel néo- gothique du XXe siècle.
Photos
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Description générale:
L’église de Douch est située aux confins des anciens diocèses de Béziers et d’Albi, puis, après 1317 et les créations de Jean XXII, aux limites de ceux de Béziers, Saint-Pons-de-Thomières et Castres. La partie montagneuse du diocèse biterrois était comprise dans l’archiprêtré de Boussagues, division instaurée au XIVe siècle, lors de la réforme du chapitre cathédral et de la disparition de ses archidiaconés territoriaux. Cette circonscription ecclésiastique comptait plus de trente paroisses.
La première mention de l’église de Douch figure dans le testament du vicomte Matfred de Narbonne, en 966, aux termes duquel celui-ci lègue à son fils Ermengaud, clerc, divers biens qu’il devra restituer à son frère aîné Raymond, s’il devenait évêque. Parmi ces biens figure l’alleu de Douch et son église Sainte-Marie. Ce legs fut ratifié par la veuve de Matfred, Adalaïs, en 978. Après la réforme grégorienne, l’église de Douch releva de l’évêque de Béziers ; elle est en effet mentionnée dans le rôle des dîmes à la fin du XIVe siècle. L’évêque eut la nomination à la cure jusqu’à la Révolution.
Sainte-Marie de Douch appartient à un type habituel dans cette montagne méridionale : nef unique, entièrement voûtée, flanquée d’un clocher-tour, et chœur hémicirculaire couverts en cul-de-four. Ce pourrait être un édifice médiéval si un certain nombre d’indices ne venaient jeter le doute sur cette lecture trop immédiate. En effet, le fût du clocher, tour carrée assez élevée, située au sud de la nef et servant de porche, est incontestablement médiéval, mais dans les murs de la nef (entièrement enduits à l’intérieur comme à l’extérieur et dont il est impossible d’analyser la maçonnerie), aucun percement n’est antérieur au XVIIIe siècle ; seules les deux baies symétriques de l’abside, dont d’ailleurs le lien avec le reste de l’édifice paraît peu cohérent, dateraient de l’époque médiévale. À l’intérieur, la partie occidentale de la nef est couverte d’un berceau en plein cintre sur doubleaux assez grossiers, la partie orientale étant en berceau brisé : on donnerait facilement à ces structures une origine médiévale, mais un document dément cette hypothèse, sans doute possible.
Le 10 juin 1636, Clément de Bonsi, évêque de Béziers, visite pastoralement cette église, et note : « Elle a été autrefoys voutée mais icelle voûte ayant été tumbée de dessus, on la couverte de bois et d’ardoise » ; il ajoute que les murs sont nus et doivent être enduits, qu’ils sont en partie noircis par le feu, que le clocher est sans cloche et « découvert ». Bref, les guerres de Religion n’ont laissé ici qu’une ruine, réparée sommairement en 1636. L’évêque demande alors qu’il soit pourvu au nécessaire. Il faut donc dater la voûte en berceau sur doubleaux et la partie orientale de la nef du milieu du XVIIe siècle ; ce serait un nouvel exemple de ces reconstructions d’églises après les guerres de Religion où l’on a délibérément reproduit les structures de l’édifice jeté à bas, avec une sorte d’intention mémorielle. En l’absence d’une difficile analyse archéologique, on pourra néanmoins postuler que l’implantation et le plan de l’édifice correspondent à l’édifice médiéval, sans doute déjà agrandi (la différence des systèmes de voûtement serait-elle la reproduction d’une différence antérieure, conséquence d’un allongement de l’église ?). Des chapelles latérales, différentes au nord et au sud, lui ont en outre été ajoutées à l’époque moderne, et l’abside est entièrement du XVIIIe siècle.
Le fût du clocher est sans doute la seule partie authentiquement médiévale de cette église ; il comporte trois étages, séparés par des cordons en pierre ; des piédroits de baies anciennes sont repérables sur la face est de l’étage médian. L’étage supérieur est plus tardif que la partie basse ; il pourrait dater de la fin du Moyen Âge, mais la pyramide en pierre qui le couvre est nécessairement du XVIIe siècle.
À l’intérieur, l’église ne présente presque pas de mobilier ancien, si ce n’est un tableau peint sur bois, de la fin du XVIIe ou du XVIIIe siècle, représentant l’Assomption de la Vierge, qui doit être l’ancien tableau du maître-autel. Aujourd’hui l’autel néo-gothique, du début du XXe siècle, est encadré de deux vitraux datant de 1958, très représentatifs de cette époque. Un autre tableau comparable par le style au premier, représente saint Pierre ; il ornait peut-être un des autres autels. On peut aussi remarquer les fonts baptismaux, cuve monolithe encastrée dans le mur occidental et protégée par une boiserie du XIXe siècle.
Le presbytère ruiné en 1638, reconstruit au XVIIe siècle, fut détruit en 1943 (il a abrité une cinquantaine de maquisards le 25 août 1943) et reconstruit au XXe siècle.
Les travaux, entrepris en 2010, ont consisté en la réfection complète de la toiture en lauzes (il reste cependant à réaliser la restauration de la toiture de la chapelle nord), grâce au soutien de l’association de sauvegarde de l’église Sainte-Marie de Douch et des habitants en faveur de l’édifice.
Sources : Olivier Poisson (sauvegarde de l’Art français)-abbé Giry-Wikimédia Commons- photos Marienord
28/11/2020
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